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Stéréotypes de genre

Publié dans Dossiers de lecture

Le point de vue psychosociale

Les attentes parentales et l’influence parentale

Nous l’avons compris l’image de chaque sexe que l’enfant va incorporer tout au long de sa vie commence très tôt par différents agents de socialisation comme la littérature, la télévision mais avant tout les attentes parentales.
Ces attitudes et comportements sont généralement appris d'abord dans la maison et sont alors renforcés par les pairs de l'enfant, l'expérience de l’école, et le visionnement de la télévision entre autres.
Cependant, l'influence la plus forte sur le développement de rôle de genre semble se produire dans l'arrangement de famille, avec des parents passant, manifestement et secrètement, à leurs enfants leur propre croyance au sujet de genre. Les enfants pourront réagir en s’opposant plus tard à ces images préalables stéréotypées selon le sexe mais il s'y réfère de toute façon d’après Lébovici en 1983.

Les parents ont des attentes différentes pour la fille et pour le garçon même si c’est parfois inconscient ; des études récentes ont en effet montré que le ton de voix emprunté pour parler aux bébés est différent, selon qu'ils soient de sexe féminin ou masculin. On parle plus doucement à une petite fille, alors qu'on adopte généralement une voix plus ferme, plus vigoureuse, avec un petit garçon.

De la même façon, les bébés de sexe masculin sont pris avec plus d'énergie que les bébés de sexe féminin, probablement pour leur insuffler, du même coup, une certaine dose de « virilité ». L'enfant fait donc l'expérience, dès les premiers mois de sa vie, que ses parents renforcent chez lui positivement certains comportements et négativement d'autres. Il s'agit là d'une base de conditionnement, qui apprend au tout-petit à quel genre il appartient, et, par conséquent, ce que l'on attend de lui.

garpoupeeEn ce qui concerne les interactions précoces entre le parent et le bébé, Moss souligne en 1967 que les deux parents manifestent «un investissement plus grand dans le comportement social de leurs filles que dans celui de leurs fils. Ils passaient plus de temps à susciter sourires et vocalisations chez leurs filles. ». Quand aux garçons, ils recevraient plus de stimulations physiques. Selon lui : «Nous avons quelques raisons de penser que ces attitudes liées aux stéréotypes de sexe sont exprimées très précocement par les parents».

Une étude de Hoffman datant de 1977 montre que les parents attendent de leur fils, plus fréquemment que de leur fille, que ce dernier soit indépendant, sur de lui, ambitieux, travailleur, intelligent et volontaire. Tandis que pour leur fille, ils attendent plutôt qu’elle soit gentille, aimable, attirante et enfin qu’elle ait de bonnes manières, fasse un bon mariage et soit bonne mère.

Christiane Olivier nous dit que « chaque parents voit dans l’enfant de même sexe que lui une possible réédition de lui-même en fonction de son propre passé, et dans celui de l’autre sexe une vie, une aventure qu’il ne connaît pas. ». Les attentes parentales sont donc bien présentes.
Elle nous dit aussi que les parents ont différentes réaction face à leurs enfants selon leur sexe : « on accepte du bébé garçon des comportements refusés à la fille : par exemple l’agitation corporelle parait tout à fait normal chez le premier, mais inquiétante chez la seconde. Cette différence de tonicité ira d’ailleurs en s’accentuant, de sorte qu’a l’age de deux ans le coup de pied rageur du garçon sera mieux accepté que celui de la fille. »
Plus tard, l’intériorisation des enfants aux modèles de genre de leur parents est d’autant plus forte que si l’on se réfère à la théorie psychanalytique, les enfants veulent s’identifier à leur parent de même sexe. Quand ils imitent ces modèles de rôle, c’est parce qu'ils ont de l'admiration pour ces modèles, d’après Beal en 1994.

En ce qui concerne les attentes parentales, une étude de Rubin, Provenzano, et Luria en 1974 indique que les parents ont des espérances différentielles des fils et des filles dès 24 heures après la naissance. L'expérience de Luria rend compte du processus d'étiquetage de la part des parents. À un groupe de pères et de mères auxquels on demandait leurs impressions sur leur bébé (réunis dans un groupe homogène de caractéristiques), 24 heures après la naissance, les réponses étaient presque toujours stéréotypées.

En effet, les garçons étaient grands, solides, aux traits marqués. Tandis que les filles étaient petites, belles, mignonnes, gentilles, aux traits fins, significativement plus distraites que les garçons.

La tendance à stéréotyper le bébé était plus grand chez le père que la mère d'un même enfant « Les pères voient leur fils solide, avec des traits marqués, alors que les mères d'un même fils le voient doux avec des traits fins. Les pères les voient doués d'une meilleure coordination, plus éveillés et plus forts que ne le voient les mères, même si les deux parents sont d'accord pour trouver que leur fils est éveillé, costaud et a une bonne coordination ». Et Luria poursuit : « Une société qui "voit" des différences aidera à créer ces différences dans l'esprit des parents(... )Les étiquettes ont toutes les chances d'agir comme des prophéties qui s’accomplissent d'elles-mêmes avec les enfants(...) L'étiquetage des parents influence les différences de sexe tout au moins dans la façon dont les parents perçoivent, et par ricochet, dans l'image propre des enfants(...) Les étiquettes ont peut-être une sorte d'autonomie par rapport au comportement ».
Pour elle, ce stéréotypage de l'individu a pour la société 3 avantages :

  • Caractérisation du type tout l'un, tout l'autre masculin ou féminin, il n'y a pas de sexe intermédiaire ou neutre.
  • Établissement d'un ensemble de Normes communément admis, réglant l'organisation de la vie et de la paix sociales.
  • Fourniture d'un modèle de comportement type pour un garçon (et pour une fille) qui aide les parents à naviguer dans les eaux troubles de l'éducation des enfants.

Thorne précise en 1993 que les parents s’attendent aux comportements différents des garçons et des filles.

Une autre étude de Steinbacher et Holmes en Basow en 1992 montre que la plupart des parents préfèrent les enfants masculins aux enfants féminins dans le monde entier. En outre, Steinbacher et Gilroy en 1990 concluent que les gens qui préfèrent des fils sont pour employer la technologie afin de choisir le sexe de leur enfant.

streotypppCette préférence pour les enfants masculins est encore soulignée par la constatation que les parents sont pour continuer à avoir des enfants s'ils ont seulement des filles que s'ils ont seulement des garçons selon Hoffman en 1977.
Hoffman recueille la même année les raisons données par des femmes en ce qui concerne leur préférence pour avoir des fils. Selon elles, cela provenait surtout de leur mari, pour continuer le nom de famille, et pour être un compagnon à leur conjoint.
Les raisons de vouloir des filles incluent avoir un compagnon pour elles-mêmes et pour avoir l'amusement habillant une fille et la coiffant par exemple.

La famille est le premier groupe de référence de l'enfant et donc, beaucoup de ce que l'enfant apprend est filtré par les parents, comme nous l’explique Nock en 1987.
En outre, les amis, les professeurs et les médias jouent également un rôle en agissant en tant que modèles de rôle et en renforçant les comportements acceptables Beal en 1994; Brophy en 1977, Maccoby Et Jacklin en 1974.

Les parents commencent ce processus en encourageant typiquement des fils à être plus indépendants, concurrentiels selon Lamb en 1986 ou Bloc en 1979. Et d’après Chafetz en 1978, les parents encouragent également les filles à être plus passives et à chercher la protection.
Aussi le petit garçon n’est-il pas supposé être fort. Quand les parents répètent à leur progéniture qu’un grand garçon, ça ne pleure pas, ne véhiculent-ils pas le stéréotype qui veut que les homme soit fort.

Nous voyons donc que selon le sexe de l’enfant, les renforcements ne sont pas les mêmes. D’autres études ont été faite dans ce sens ; celle de Shakin et Sternglanz en 1985. En effet, les résultats de leurs recherches tendent à montrer que les parents sont pour habiller leur fille de façon plutôt décorative, tandis qu’ils préfèrent habiller leur garçon de façon plus fonctionnel.

coiffeAussi, la différence de renforcement des parents intervient-elle dans les jeux. Selon de nombreux auteurs notamment Maccoby Et Jacklin en 1983 mais aussi Fagot et Leinbach en 1987; Huston en 1983 ou encore Rheingold Et Cuisinier en 1975 ; les parents fournissent à des enfants des jouets selon eux plus appropriés à leur sexe et les encouragent à les utiliser tout en décourageant l’utilisation des jouets considérés pour être plus appropriés au sexe opposé.
A ce sujet, Pierre Tap en 1985 a réalisé une enquête auprès d’échantillons représentatifs d’adultes. Il leur était demandé de cataloguer comme féminin, masculin ou neutre différents objets utilisés par les enfants. On découvre par exemple que le tambour, le camion et le voilier furent classés dans la catégorie masculine majoritairement. Par contre, la poupée, la dînette et les instruments de coiffure l’on été dans la catégorie féminine. Parmi les objets neutres cohabitent l’ours en peluche, le jeu de dames, le tricycle, le ballon et le téléphone.

Une étude plus récente de 1991 par Lytton et Romney montre des résultats semblables à ceux de Maccoby et de Jacklin  concernant le traitement différentiel des garçons et des filles par les parents.

Marcel Mauss disait que l'éducation de l'enfant est pleine de ce que l'on appelle des détails mais qui sont des détails essentiels. Ce sont par ces actes anodins (pour l'adulte, mais pas pour l'enfant) que se fabriquent les Habitus et les catégories de pensées sexuées. A l'intérieur de chaque rubrique réservée explicitement à chaque sexe, pas de surprises, les ségrégations relatent les stéréotypes. Les couleurs, les jeux proposés, le nombre de personnages, leurs mises en scène différentes. Bref, des idées sur les hommes et sur les femmes et sur leurs rôles respectifs.

Même les parents qui tâchent d'être égalitaires dans leurs rapport de don d’objet avec leurs enfants ont découragés certains comportements non traditionnels de jeu en fonction du sexe de leur enfant.
Par exemple, les parents sont pour décourager leurs fils des jeux avec des poupées et décourager leurs filles des jeux avec des camions selon Weisner et Wilson-Mitchell en 1990. Ce comportement de la part des parents sert à modeler et renforcer des comportements stéréotypés chez les enfants.
Souvent, les parents donnent les messages subtiles concernant le genre et ce qui est acceptable pour chaque sexe. Selon Arliss en 1991, les messages sont internalisés par l'enfant se développant. Les stéréotypes de rôle de sexe sont bien établis dans l'enfance et tôt. Les messages au sujet de ce qui est approprié basé sur le genre sont si forts que même lorsque des enfants sont exposés à différentes attitudes et expériences, ils retourneront aux choix stéréotypés, c’est ce que Haslett, Geis et Charretier trouvent comme résultats d’étude datant de 1992.   
Le comportement s'appelle comportement "automatique" et se rapporte au fait que les enfants apprennent que quelque chose est si bien, si approprié pour eux qu’ils ne doivent pas même penser à ce qu'ils font; le comportement vient juste automatiquement selon Langer en 1978. Les résultats désirés pour les enfants sont qu'ils imitent des comportements appropriés et deviennent les membres acceptables de la société.

Pendant que les enfants se développent, ces stéréotypes de genre deviennent fermement croyance indélogeable et ainsi, sont une partie du concept de l'individu de l'enfant.
       
Une étude des salles des enfants de Pomerleau, Bolduc, Malcuit, et Cossette en 1990  a prouvé que les salles des filles ont davantage de rose, de poupées, et de jouets de manipulation tandis que  les salles des garçons ont un équipement plus bleu, de sport, des outils et des véhicules.

Plus tard selon Basow en 1992 les garçons vont avoir des corvées d'entretien autour de la maison, telle que la peinture, tondre la pelouse, alors que les filles sont susceptibles d'avoir des corvées domestiques telles que faire la cuisine ou s’occuper du linge. Cette Attribution des tâches de ménage par genre mène les enfants à lier certains types de travail avec le genre.

Selon Bloc maintenant, une de ses expérience datant de 1983 montre que l’on donne plus d’ occasions aux garçons d'explorer le monde qui les entoure et de s'engager dans des activités plus physiques que des filles, les filles éprouvent nécessairement un monde plus restrictif.

Il est important ici de faire une référence au Docteur Kyle Pruett qui note que, dans la période préscolaire, les filles élevées seulement par leur père ne se limitaient pas à des activités féminines stéréotypées ; elles jouaient aussi bien avec des poupée qu’avec des cubes.
Dans un premier temps, nous avons vu que c’est la norme familiale qui prime quand l’enfant est jeune. Mais dès qu’il se voit confié à d’autres ( crèche, école maternelle), la norme sociale intervient.

Dans cette vidéo, Les attentes parentales sont capturés sous forme d'expériences...

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