Attributions causales et de responsabilité

Des chocs électriques bien mérités

Publié dans Attributions causales et de responsabilité

On doit cette expérience, datant de 1966 à Lerner.

L'auteur s'intéresse à la CMJ (croyance en un monde juste) et à ses effets en terme d'évaluation d'une victime.

Les sujets de cette expérience sont observateurs.

Ils voient la scène suivante :

Une personne doit apprendre une longue liste de mots appariés (procédure analogue à celle de l'expérience de Milgram) puis faire la tache de rappel des mots.
A chaque erreur de celui-ci, un autre sujet lui administre des chocs électriques.

Bien évidemment, les chocs électriques ne sont pas réels
(mais ce qui est important c'est qu'ils le sont pour le sujet observateur de la scène).

Suite à cela, l'auteur demande à ses sujets observateurs de remplir un petit questionnaire.
Les sujets doivent choisir différents traits (ex: de personnalité) pour qualifier la victime. Certains sont positifs et d'autres sont négatifs.

Ce questionnaire calcule donc l'indice d'attractivité du sujet par rapport à la victime (personne observés qui reçoit les chocs électriques).

Différentes variantes de cette expérience ont été réalisé et en voici les principaux résultats:

  • La victime est moins dévaluée quand les sujets savent que la personne va recevoir une forte somme d'argent et qu'elle ne le sait pas. (L'état de victime s'annule)
  • La victime est moins dévaluée quand les sujets peuvent l'aider en réduisant la liste des mots ou l'intensité des chocs. (Là aussi l'état de victime est atténué)
  • La victime est encore plus dévaluée si on annonce aux sujets qu'il y aura une seconde phase d'expérience où les chocs électriques vont être encore plus douloureux. (Ici, on a l'idée d'un destin qui s'acharne. Pour simplifier, on se dit: "La victime doit bien y être pour quelque chose si ça s'aggrave")
  • La victime est d'autant plus dévaluée par les sujets observateurs si elle dit qu'elle a accepté de participer à l'expérience pour rendre service. (Elle y est donc vraiment pour quelque chose)
  • La victime est d'autant plus dévaluée que les sujets observateurs ont eux mêmes tirés au sort les deux rôles (Celui qui administre les chocs et celui qui les reçoit). Si l'on se sent responsable, on a d'autant plus de chance de dévaluer la victime.
  • Si l'on demande aux observateurs de se mettre à la place de la victime (position empathique), la dévaluation disparaît pour une bonne part.

On peut donc dire qu'il n'est pas exclu que la dévaluation de la victime soit liée à la position d'observateur extérieur qui faciliterait l'imputation de responsabilité.

Lerner, Melvin J.; Simmons, Carolyn H. Observer's reaction to the "innocent victim": Compassion or rejection? Journal of Personality and Social Psychology, Vol 4(2), Aug 1966, 203-210.

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