Attributions causales et de responsabilité

Imputation de responsabilité

Publié dans Attributions causales et de responsabilité

Cette expérience date de 1996 et à été réalisée par Devos et Comby.

Ces auteurs tentent de mettre en évidence la notion d’ attribution de responsabilité selon que la conduite d’une personne est acceptable ou non acceptable socialement.

Il va séparer ses sujets en deux groupes qui ne recevront donc pas les mêmes dossiers.

L’expérience peut être schématisée comme suit :

Les deux groupes de sujets ont entre leurs mains un dossier fictif (construit par les chercheurs) concernant une personne séropositive. Ils doivent évaluer dans quelle mesure la personne est responsable de sa maladie.

groupe groupe

Groupe 1

Conduite "romantique"

La femme a rencontré la personne qui l'a infecté chez des amis. Ils ont beaucoup attendu avant d'avoir des rapports sexuels, et il est précisé qu'ils s'aiment

Groupe 2

Conduite "hédoniste"

La femme a rencontré la personne qui l'a infecté dans une boîte de nuit. Ils ont eu des rapports sexuels dès le premier soir.

La conduite de la personne du premier dossier est socialement beaucoup plus acceptable que l’autre.
En d'autres termes, la conduite romantique est plutôt valorisée tandis que la conduite hédoniste est davantage dévalorisée.

Les résultats sont donc les suivants:

La personne ayant eu une conduite hédoniste est jugée bien plus responsable de sa maladie que l’autre.

Pourtant, du point de vu scientifique, les conduites ne sont pas les causes.
Les facteurs de risque n’ont jamais été des facteurs de causalité (l’individu peut multiplier les chances mais ce n’est pas forcé que cela lui arrive).
Le jugement n’est pas scientifique mais social.

Comby, L., Devos, T. & Deschamps, J.C. (1996). Représentations sociales du sida. In J.C.Deschamps & J.L. Beauvois (Eds.), La psychologie sociale, 2. Des attitudes aux attributions. Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble. 175-186.