Dossiers de lecture

Le cas des appartenances croisées

Publié dans Dossiers de lecture

Doise et Deschamps partent de la constatation que dans les recherches classiques sur la catégorisation sociale ou sur le biais de favoritisme intra-groupe, les sujets se trouvent dans une situation où leur appartenance à l’un des deux groupes implique forcément leur non appartenance à l’autre groupe. (exemple : on est soit une fille, soit un garçon).

 

Pour le biais de favoritisme intra-groupe, on peut se référer à l’expérience de shérif.
Pour la catégorisation sociale à celle de Mc Garty et Turner.
Pourtant, la réalité sociale veut que l’on appartienne souvent à plusieurs catégories en même temps qui s’entrecroisent bien souvent.

Ainsi, nos deux auteurs se sont posés la question suivante :

Au niveau des phénomènes discriminatoires (qui émanent souvent de la différentiation eux/nous), que se passerait-il lorsque des individus « opposés » en fonction d’une appartenance catégorielle trouveraient dans l’autre groupe d’autres appartenances catégorielles auxquelles ils pourraient se rattacher ?
Ils partent donc des théories de l’identité sociale d’une part, et des théories de la différentiation catégorielle de l’autre.

On sait que le fait de rendre saillantes les appartenances groupales ou catégorielles conduit les individus à différentier leur groupe d’appartenance par rapport aux autres et à minimiser les différences à l’intérieur de leur groupe.

Les auteurs postulent que dans le cas de catégories croisées, il devrait théoriquement se produire un conflit entre l’accentuation des ressemblances d’une part et des différences de l’autre à l’intérieur et entre les groupes. Pour eux, cet état de fait aurait pour conséquence de réduire les phénomènes de discrimination .

Deschamps différentie donc deux types de catégorisation :

  • La catégorisation simple lorsqu’il existe une « dichotomie radicale entre sa catégorie d’appartenance et l’autre catégorie ».
    Ce premier type de catégorisation est  couramment  utilisé dans les expériences de psychologie sociale.
  • La catégorisation croisée lorsqu’il existe « une dichotomie entre sa catégorie d’appartenance selon une première catégorisation qui ne recouvre pas mais qui croise avec sa catégorie d’appartenance et l’autre catégorie selon une seconde catégorisation ».
    Cette seconde catégorisation est moins fréquente pourtant elle serait plus proche de la réalité sociale.

Pour prendre un exemple concret :

Imaginer un débat de groupe sur un sujet, soit être pour, soit être contre l’avortement. Dans ce cas on a deux groupes distincts : à savoir le groupe qui est pour l’avortement et le groupe qui est contre. On peut alors penser que l’on est dans le cas d’une catégorisation simple. Cependant, dans chacun des groupes, on a des hommes et des femmes. On est donc en présence d’une catégorisation croisée. En effet, le genre des sujets est croisé avec la position défendue par chacun des deux groupes.
Nos deux auteurs ont réalisé une expérience mettant en jeu une catégorisation croisée afin de tester si celle-ci entraîne une réduction des stéréotypes

Références:

Deschamps, J-C et Doise, W (1979). L'effet du croisement des appartenances catégorielles.

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