- Forme correcte : cela vous conviendrait, à la 3e personne du singulier.
- Sujet réel : cela, cette date, ce lieu. « Vous » est complément d’objet indirect.
- Au pluriel : ces dates vous conviendraient.
- Question soutenue : cela vous conviendrait-il ? (sans -t- ajouté).
- À éviter : « cela vous conviendrais » et « si cela vous conviendrait, je réserve ».
Vous rédigez un e-mail pour proposer un rendez-vous, le curseur s’arrête après « Cette date vous conviendr », et le doute s’installe : t, s ou -iez ? Tout dépend d’une seule question : qu’est-ce qui convient ? Dans « cela vous conviendrait », c’est la date, l’horaire ou la proposition qui convient à votre interlocuteur. Le verbe se met donc à la troisième personne, même si la phrase s’adresse à quelqu’un que l’on vouvoie. La terminaison en -iez n’apparaît que lorsque « vous » est lui-même le sujet, et « conviendrais » reste réservé à je et à tu. Ce guide détaille la règle, les cas piégeux, la construction de la question et des formulations de rechange pour chaque registre.
Vous conviendrait : le sujet du verbe n’est pas « vous »
Le réflexe trompeur vient du vouvoiement. Comme « vous » se trouve juste avant le verbe et que l’on s’adresse à une personne, la main a tendance à écrire la terminaison associée à ce pronom. Or, dans cette tournure, « vous » ne fait pas l’action : il la reçoit. Convenir se construit avec la préposition « à » (une chose convient à quelqu’un), et « vous » remplace ici « à vous ». C’est un complément d’objet indirect, au même titre que « lui » dans « cela lui conviendrait ».
Le sujet est l’élément qui convient. Dans la plupart des phrases de politesse, il s’agit du pronom démonstratif neutre « cela » (ou « ça » à l’oral), qui impose la troisième personne du singulier. Mais il peut aussi s’agir d’un groupe nominal : « mardi », « cette salle », « la formule à 30 euros ». Chaque fois, le verbe s’accorde avec ce mot-là, et seulement avec lui.
Trois tests pour trouver le sujet grammatical
- La question « qu’est-ce qui convient ? » : la réponse (cela, cette heure, ces conditions) est le sujet.
- Le remplacement par « lui » : si l’on peut dire « cela lui conviendrait », alors « vous » est bien complément et la terminaison reste en -ait.
- Le passage au tutoiement : « cela te conviendrait ». Le verbe ne bouge pas, preuve qu’il ne dépend pas de la personne à qui l’on parle.
Ce troisième test est le plus parlant pour un débutant : si changer « vous » en « te » ne modifie pas la fin du verbe, c’est que le verbe obéit à quelqu’un d’autre. La relation entre sujet et verbe fonctionne comme une cause et sa conséquence : le sujet choisit la terminaison, le complément n’a aucune influence sur elle.
Conditionnel présent de convenir : conjugaison et valeur de politesse
Convenir appartient au troisième groupe et se conjugue exactement comme venir, dont il est dérivé. Au conditionnel présent, on part du radical « conviendr- », puis on ajoute les terminaisons de l’imparfait.
| Personne | Conditionnel présent | Exemple d’emploi |
|---|---|---|
| je | conviendrais | Je conviendrais volontiers de mon erreur. |
| tu | conviendrais | Tu conviendrais parfaitement pour ce rôle. |
| il, elle, cela | conviendrait | Cela vous conviendrait. |
| nous | conviendrions | Nous conviendrions d’une date ensemble. |
| vous | conviendriez | Vous conviendriez à ce poste. |
| ils, elles | conviendraient | Ces créneaux vous conviendraient. |
Pourquoi ce mode plutôt que le présent ? « Cela vous convient » constate un fait, ou suppose que l’accord est déjà acquis. « Cela vous conviendrait » présente la proposition comme une hypothèse soumise à l’autre : rien n’est décidé tant que la personne n’a pas répondu. Les grammaires parlent de conditionnel de politesse, ou conditionnel d’atténuation. Il adoucit une demande, comme « je voudrais » adoucit « je veux ».
Dans la pratique, ce conditionnel surgit dès qu’il s’agit de proposer : une date, un tarif, un lieu, une solution. Les secrétariats de cabinet l’emploient en permanence, au point que « Jeudi à 18 heures vous conviendrait-il ? » est souvent la première phrase entendue après avoir appelé pour un premier rendez-vous. Une personne qui vient de lire Acceptez vous en vous faisant aider par une psychologue et qui franchit le pas de la prise de contact y sera presque forcément confrontée.
Vous conviendrait, vous conviendriez ou conviendrais : comparer les formes proches
Les formes voisines ne sont pas toutes fautives. Certaines sont correctes dans un autre contexte, ce qui entretient la confusion. Le tableau ci-dessous les passe en revue.
| Forme | Correcte ? | Quand l’employer |
|---|---|---|
| cela vous conviendrait | Oui | Proposition polie, sujet singulier (cela, cette date). |
| ces dates vous conviendraient | Oui | Sujet pluriel. |
| cela vous conviendrait-il ? | Oui | Question avec inversion, registre soutenu. |
| est-ce que cela vous conviendrait ? | Oui | Question courante, sans inversion. |
| vous conviendriez | Oui, dans un autre sens | « Vous » est sujet : vous seriez adapté à quelque chose, ou vous admettriez quelque chose. |
| cela vous conviendrais | Non | Terminaison de je ou tu, sans rapport avec « cela ». |
| cela vous conviendrait-t-il ? | Non | Le verbe se termine déjà par t : aucun t euphonique à ajouter. |
| si cela vous conviendrait | Selon le cas | Fautif après un si d’hypothèse (si cela vous convient, je réserve). Correct dans une interrogation indirecte (dites-moi si cela vous conviendrait). |
La confusion avec « conviendrais » est d’abord une affaire d’oreille : les deux formes se prononcent de la même manière. Le s final marque la première ou la deuxième personne du singulier (je conviendrais, tu conviendrais). Avec « cela », pronom de la troisième personne, seul le t est possible.
Le cas de « vous conviendriez » mérite qu’on s’y arrête, car il est parfaitement correct. Dans « Vous conviendriez parfaitement à cette équipe », c’est la personne qui convient à quelque chose. Dans « Vous conviendriez que la situation est délicate », convenir signifie reconnaître, admettre. Le pronom « vous » est alors sujet et commande la terminaison -iez. Pour trancher, demandez-vous qui est jugé adapté : la proposition ou la personne ?
Cela vous conviendrait-il ? Transformer la proposition en question
Passer de l’affirmation à l’interrogation offre trois possibilités, qui correspondent à trois niveaux de langue.
- L’intonation seule : « Cela vous conviendrait ? » Correct, fréquent à l’oral et dans les messages rapides.
- La locution « est-ce que » : « Est-ce que cela vous conviendrait ? » Neutre, claire, adaptée à presque tous les échanges.
- L’inversion du sujet : « Cela vous conviendrait-il ? » Plus soutenue, elle a sa place dans un courrier professionnel ou administratif.
L’inversion a une particularité : comme « cela » ne peut pas passer derrière le verbe, on le reprend par le pronom « il », relié au verbe par un trait d’union. C’est ce qu’on appelle une interrogation complexe. Avec un nom féminin, le pronom de reprise s’accorde : « Cette option vous conviendrait-elle ? ». Avec un pluriel : « Ces modalités vous conviendraient-elles ? ».
Deux erreurs reviennent souvent. La première consiste à cumuler les procédés : « Est-ce que cela vous conviendrait-il ? » mélange « est-ce que » et l’inversion, ce qui revient à poser la question deux fois. La seconde ajoute un t euphonique inutile. Ce t ne sert qu’à éviter la rencontre de deux voyelles (« viendra-t-il », « a-t-elle ») ; or « conviendrait » se termine déjà par un t qui se prononce en liaison.
Accord de convenir au conditionnel : les cas qui font hésiter
Une fois la règle comprise, quelques constructions restent délicates. Il ne s’agit pas d’exceptions : la logique est la même, mais le sujet se cache mieux.
Quand le sujet est un pronom relatif
Dans « les créneaux qui vous conviendraient », le pronom « qui » reprend « les créneaux », pluriel : le verbe prend donc la terminaison -aient. En revanche, « ce qui vous conviendrait » reste au singulier, car « ce » est neutre. Le piège classique consiste à accorder avec le mot le plus proche plutôt qu’avec l’antécédent.
Quand la phrase commence par un mot interrogatif
« Quelle date vous conviendrait le mieux ? », « Lequel de ces formats vous conviendrait ? », « Qu’est-ce qui vous conviendrait ? » : le sujet est le groupe interrogatif lui-même. On écrit en revanche « Lesquelles vous conviendraient ? » puisque le pronom est pluriel. Aucune inversion n’est nécessaire ici, la question étant déjà portée par le mot interrogatif.
Quand « il conviendrait » est impersonnel
« Il conviendrait de vérifier ce point » n’a rien à voir avec une proposition faite à quelqu’un. Le « il » est impersonnel et la phrase signifie « il serait souhaitable de ». On peut y insérer un complément : « Il vous conviendrait de répondre avant vendredi », tournure plus rare, au sens de « il serait bon pour vous de ».
Quand convenir signifie « se mettre d’accord »
« Nous conviendrions d’un rendez-vous » emploie convenir de au sens de s’entendre sur quelque chose. Aux temps composés, la norme traditionnelle demande l’auxiliaire être pour ce sens (« nous sommes convenus d’une date »), tandis que l’auxiliaire avoir sert au sens d’être adapté (« ce lieu nous a convenu »). L’usage courant emploie aujourd’hui avoir dans les deux cas, ce que les dictionnaires tolèrent ; dans un écrit soigné, la distinction reste appréciée.
Pourquoi « vous conviendrait » sonne poli : un regard de psychologie sociale
La grammaire explique la forme, la psychologie sociale éclaire son succès. Toute demande, même anodine, empiète un peu sur la liberté de l’autre. Les linguistes Penelope Brown et Stephen Levinson ont décrit ce phénomène à travers la notion de « face » : chacun cherche à préserver son image et son autonomie dans l’échange. Le conditionnel agit comme un amortisseur. En présentant la proposition comme une hypothèse, il laisse à l’interlocuteur une porte de sortie et rend le refus moins coûteux pour les deux parties.
Ce mécanisme explique aussi pourquoi beaucoup préfèrent se mordre la langue plutôt que d’écrire « Rendez-vous mardi à 10 heures » sans formule d’adoucissement : l’injonction directe peut être perçue comme une pression, surtout dans une relation naissante ou asymétrique (patient et praticien, candidat et recruteur, client et prestataire). La formule interrogative au conditionnel cumule deux marques de courtoisie, la question et l’hypothèse.
On la retrouve jusque dans la manière de recommander une lecture. Proposer à quelqu’un qui traverse une période d’anxiété de parcourir Le chanvre peut-il accompagner une meilleure stabilité émotionnelle, ou inviter une personne curieuse des croyances protectrices à découvrir Comment les chapelets nous protègent, passe mieux avec un « ce sujet vous conviendrait peut-être » qu’avec un « lisez ceci ». La même délicatesse vaut pour les thèmes intimes : suggérer l’article Qu’est-ce que le « style de vie swing » et comment les couples le font-ils fonctionner, sans présumer des choix de l’autre, suppose justement ce ton ouvert.
Attention toutefois à la surenchère. Empiler « je me permettrais de vous demander si, éventuellement, cela pourrait vous convenir » brouille le message et peut donner une impression d’insécurité. Un seul marqueur de politesse bien placé suffit le plus souvent.
Alternatives à « vous conviendrait » selon le registre
Varier les formulations évite les répétitions dans un long échange de courriels et permet d’ajuster le ton à la relation.
Registre soutenu
- « Cette proposition vous agréerait-elle ? » (agréer : être au goût de quelqu’un, très formel)
- « Cette date vous siérait-elle ? » (seoir : convenir, aujourd’hui littéraire)
- « Seriez-vous disposé à souscrire à cette proposition ? » (souscrire : donner son accord)
Registre formel courant
- « Seriez-vous disponible jeudi à 14 heures ? »
- « Cette solution répondrait-elle à vos attentes ? »
- « Pourriez-vous me confirmer que ce créneau vous convient ? »
Registre neutre ou détendu
- « Est-ce que mardi vous irait ? »
- « Ça vous va ? »
- « Ça vous dirait, un café la semaine prochaine ? »
- « Ça te conviendrait ? » en cas de tutoiement.
Un repère simple pour choisir : plus la relation est récente ou hiérarchique, plus la tournure gagne à être complète (conditionnel, inversion, vouvoiement). Entre collègues qui se connaissent, « Ça vous irait ? » n’a rien d’impoli. Seoir et agréer, en revanche, peuvent paraître affectés dans un message ordinaire : mieux vaut les réserver aux courriers très protocolaires.
Exemples de phrases avec vous conviendrait, prêts à l’emploi
Voici quelques modèles adaptés aux situations les plus fréquentes, avec le sujet repéré à chaque fois.
- Prise de rendez-vous : « Je vous propose un premier entretien le lundi 16 novembre à 9 h 30. Ce créneau vous conviendrait-il ? » (sujet : ce créneau)
- Proposition commerciale : « Une livraison en deux temps vous conviendrait-elle mieux ? » (sujet : une livraison)
- Choix multiple : « Lequel de ces trois horaires vous conviendrait ? » (sujet : lequel)
- Relance courtoise : « Faites-moi savoir si une autre date vous conviendrait davantage. » (interrogation indirecte, conditionnel admis)
- Candidature : « Je suis convaincu que mon profil vous conviendrait. » (sujet : mon profil)
Dernier réflexe avant d’envoyer : relisez le verbe en vous demandant ce qui convient. Si la réponse est une chose, une date ou « cela », la terminaison sera -ait au singulier et -aient au pluriel ; si c’est la personne elle-même, -iez s’impose.
« Vous conviendrait » ou « vous conviendraient » : comment choisir ?
Tout dépend du nombre du sujet. Un seul élément proposé (cette heure, ce devis) entraîne -ait ; plusieurs éléments (ces deux dates, les conditions) entraînent -aient. Le pronom « vous » n’entre jamais en compte dans ce choix.
Peut-on écrire « dites-moi si cela vous conviendrait » ?
Oui. Ici, « si » introduit une interrogation indirecte et non une condition, ce qui autorise le conditionnel. La phrase équivaut à « Cela vous conviendrait-il ? Dites-le-moi ». En revanche, « si cela vous conviendrait, je réserve » est fautif : on écrit « si cela vous convient, je réserve ».
Quelle nuance entre « cela vous convient » et « cela vous conviendrait » ?
L’indicatif présent vérifie un accord sur une option déjà posée, souvent après discussion. Le conditionnel avance une option encore ouverte et paraît plus prudent. Les deux sont corrects, le second étant plus courtois lors d’un premier contact.
Combien de traits d’union dans « conviendrait-il » ?
Un seul. Le pronom inversé est toujours relié au verbe par un trait d’union : conviendrait-il, conviendrait-elle, conviendraient-ils. Aucun t supplémentaire ne s’intercale entre les deux.
« Vous conviendriez » est-il une faute ?
Non, à condition que « vous » soit le sujet. « Vous conviendriez à ce poste » (vous seriez la bonne personne) ou « vous conviendriez que c’est risqué » (vous l’admettriez) sont corrects. La faute apparaît seulement dans une phrase comme « cette date vous conviendriez ».
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